Le Requiem allemand de Brahms

Le Requiem allemand de Brahms en version intimiste
L’ensemble vocal Variations dirigé par Damien Simon a déjà donné le même programme au temple Saint-Etienne de Mulhouse avant de le présenter samedi à Strasbourg, puis dimanche à Haguenau. Le Requiem allemand de Brahms, ici dans une version accompagnée par deux pianos d’époque, reste une œuvre de musique sacrée romantique de grande envergure. Sous la direction de son chef, par ailleurs un des organistes de Saint-Paul, le chœur en a donné avec le concours de la soprano Nathalie Gaudefroy et du baryton-basse Jean-Louis Georgel, en solistes vocaux, une interprétation remarquée par la qualité de son rendu.
 
Le choix de la version avec piano du Deutsches Requiem convient précisément à la taille de l’Ensemble Variations. L’utilisation d’un orchestre aurait nécessité un chœur plus fourni, mais l’intimisme du groupe de quarante chanteurs favorise incontestablement la transparence et l’équilibre de la polyphonie vocale. Le concert en a grandement témoigné. Quitte à réduire les contrastes de puissance.
Mais l’exigence qui s’impose aux voix n’en est pas moindre, à commencer par l’endurance des voix que requièrent les sept parties de cette grande cantate commentant les idées bibliques sur la vie, la mort et l’au-delà.
Les Béatitudes encadrent des considérations sur la vanité de l’existence terrestre et la victoire du croyant au Jugement dernier est affirmée à travers le développement de grandes fugues, où la culture de Brahms fait tout son profit de Bach et de ses prédécesseurs, qu’il a contribué du reste à éditer. 
Nathalie Gaudefroy a survolé la ligne tendre du solo de soprano Ihr habt nun Traurigkeit, qui annonce la promesse de la consolation. La première des deux interventions du baryton parle de la mort inéluctable, la seconde évoque la victoire sur le trépas à l’heure du Jugement dernier. Jean­-Louis Georgel a tenu sa place avec une belle assurance.
Beau travail aussi des deux pianistes, Matthieu Schweiger et Hervé Schaal, experts de l’accompagnement, dans une tâche qui respectait les proportions laissées aux instruments. 
Et Damien Simon, à la tête de l’ensemble, a mené magistralement ce requiem qui a impressionné l’auditoire à Saint-Paul où nous l’avons entendu.
Saluons la réussite de l’ensemble vocal qui sait tenir son rang parmi les formations de la région.
Marc Munch

© DNA (Edition de Strasbourg) - Mardi 22 Novembre 2016  - Tous droits de reproduction réservés
Publié le 19/11/2016 | Retour à la page Presse | Précédent | Suivant